Rien n’égale en longueur les boiteuses journées…

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Spleen

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité.
— Désormais tu n’es plus, ô matière vivante!
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

— Charles Baudelaire

Les poèmes des élèves:

 

Journées boiteuses

Journées pluvieuses

Synonymes d’ennui

Sous les lourdes gouttes de pluie

Mouillant tous les journaux

N’amenant rien de nouveau

Longueur d’une journée qui passe

Tant de mots qui me dépassent

Et la vie la vie

D’un mortel ennui

Je dois rester éveillé mais

Rien n’égale en longueur 

les boiteuses journées

 

Jade , 4ème

 

Derrière mon cabanon branlant

Je vois la beauté des femmes

Des hommes plus ou moins galants

Je vois sous leurs jolis volants

Des tissus blancs dentelés

qui font de leur tristesse un secret bien gardé

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées

Je vois les enfants courir sauter jouer danser

Puis un jour grandir pleurer tomber amoureux

Et un à un blanchissent mes cheveux

Je ne sais plus pourquoi je suis là, j’attends

Que faire d’autre de mon temps?

Il flotte une odeur de pommes caramélisées

Jusqu’entre les pages de mes journaux froissés

 

Capucine , 3ème

 

Le temps passe

Défile au cadran de la pendule

Au loin une chouette hulule

Le tic-tac de l’horloge m’agace

Je me sens cotonneux

je ne suis pas heureux

Je m’ennuie

je m’ennuie

Je m’ennuie

Je m’ennuie

Et je suis sans idée

 

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées

 

Achille , 5ème

 

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées

Qui de leurs pas handicapés

Se rendent lourdement vers demain

enferment l’ennui à toute heure en vain

Et l’angoisse s’érige en menhir

Jusqu’à la nuit hantée de soupçons

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées

Sans drap pour couvrir le temps délavé

 

Jade,5ème

 

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées

Entre les livres les crayons les cahiers

Glisser pas à pas dans une douce torpeur

Qui arrache au temps des minutes et des heures

Et se sentir vide pendant quelques instants

Nous permet d’oublier cet ennui incessant

Une attente que personne ne vient troubler

Regarder les nombres défiler

Moment tant attendu qui paraît s’éloigner

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées

 

Gwenaelle , 3ème

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