Mais c’est quoi la finalité de l’atelier poésie au juste?

imagesC’est la question qu’une très jeune collègue m’a posée ce midi à la cantine alors que j’avalais mon repas à toute vitesse (j’ai 25 minutes) pour rejoindre l’atelier poésie. Je suis restée bouche bée (en prenant soin au préalable que le dernier haricot vert soit plus près de la sortie que de l’entrée…)…Et encore une fois je n’ai pas jeté l’anathème sur la table…Je l’ai rassurée avec l’évocation du concours AMOPA auquel j’inscrivais mes élèves. Elle était effectivement rassurée. L’écriture n’était donc pas gratuite et servait bien à quelque chose. Elle a terminé ses haricots verts, contente d’avoir obtenu une réponse « utilitaire ».

Parfois, je me sens seule.

47 réflexions au sujet de « Mais c’est quoi la finalité de l’atelier poésie au juste? »

      1. Nous sommes, depuis déjà quelques temps, dans un monde de facilité. La technologie est également orientée comme cela avec la notion dimmediateté qu’elle engendre. Tout cela fait un prêt à penser qui oriente ce qui doit répondre à l’utilité. Le tout pour rien tout de suite ne peut nous élever individuellement de par le monde qui le propose et ne peut nourir le monde par la place de chacun.

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      2. Je vais être zélée et l’inviter à venir observer cet atelier…Pour qu’elle se rende compte, qu’elle les observe. Aujourd’hui une petite a décidé qu’elle allait replacer ou faire deviner les titres des pièces de Molière dans son poème.Elle a souffert, et c’est particulièrement réussi;Je le publierai Vendredi…

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      3. Oui c’est une excellente idée. De plus elle se rendra compte que la transmission commence maintenant ici et tout de suite mais que ce n’est pas sa destination finale. Écrire se doit d’être réceptionné. Pour cela il faut que celui qui reçoit le permette…

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      1. J’ai toujours aimé écrire mais j’aurais aimé avoir plus de temps en cours au collège et lycée pour faire vraiment des ateliers. Je ne dis pas que ce genre d’exercice concerne tous les enfants, mais pour me souvenir comme si c’était hier du compliment de ma professeure de français « digne d’Apollinaire » pour un de mes poèmes … je souhaiterais que les enfants qui aiment écrire et qui ont envie d’aller plus loin puisent être soutenu et que soit mis à disposition de quoi écrire plus.

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      2. J’ai la chance de travailler dans un collège de campagne. Ils sont tous demi-pensionnaires et du coup nous pouvons leur offrir cela. je dis « offrir » car même si ce n’est pas l’endroit, j’aime quand-même rappeler que je touche 150 euros à la fin de l’année pour 4 h d’atelier par semaine, le travail en amont (les préparer et « me » préparer), taper leurs écrits, concevoir un livret d’une centaine de pages, le relier, l’envoyer en concours…Mais j’aime ça. Enormément. les enfants n’écrivent pas assez et pire, l’éducation nationale (pas seulement elle) leur en ôte souvent le goût. Alors que j’observe depuis 25 ans maintenant ce même goût du mot chez les enfants jeunes…

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      3. Bravo à vous 👏
        J’ai fondé mon esprit grâce à certains de mes cours qui m’ont apporté énormément, mais ces cours ne sont rien sans les professeurs. Je dois beaucoup à mes professeurs, j’en suis consciente et je suis contente que l’école m’ait apporté autant malgré que je n’ai pas toujours été attentive, sérieuse … c’est aussi une des chances de l’école, des ateliers, des options qui fortifient nos goûts, envies, projets.
        Le professeur est hyper important dans une vie, même si on ne s’en rend pas toujours compte. Le recul aide a y voir plus clair sans doute ^^

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    1. Vous pouvez dire « tu » (je sais, j’ai du mal!)…
      non, je ne suis sans doute pas toute seule…mais quand-même sur mon lieu de travail, c’est un peu le cas …Même si ça ne se voit pas. Je suis quelqu’un de « gentil » et souriant; Mais qui passe souvent très vite dans les lieux de bavardages sans fond.

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  1. L’inutile
    c’est un peu comme
    le temps mort
    c’est le lieu de la vraie vie
    (non ?)

    (Suis prof de maths … ai animé des ateliers d’écriture
    pendant 5 ans dans mon ancien collège
    parce qu’aucun enseignant de lettres
    ne s’y intéressait

    J’ai cessé depuis
    les parents pensaient que je n’étais pas
    un vrai prof de maths

    oui, parfois
    le sentiment d’être différent
    nous met à mal.

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  2. Bonsoir, Barbara,

    Vous connaissez évidemment mieux que moi votre collègue mais, prise en elle-même, la question qu’elle vous posait n’était pas forcément dénuée de sens. Après tout, on n’apprend pas, je crois, dans un atelier théâtre, à écrire des pièces. Il serait concevable qu’un atelier poésie apprenne à apprécier la poésie, à la lire, que sais-je encore… ?

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  3. Bon jour,
    Il est vrai, on est seule/seul, mais qu’importe comme nous dit Alfred : « … pourvu qu’on ait l’ivresse » à écrire et de partager comme nous le faisons, ici et dans d’autres contrées car plusieurs seuls fait (font) une (des) communauté (s) 🙂
    Max-Louis

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  4. « Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche en lui-même, il épuise en lui tous les poisons pour n’en garder que les quintessences. »
    Rimbaud
    Continuez, surtout ne changez pas, vous êtes de ceux dont les élèves se souviennent toute leur vie, de ceux qui aident les graines à germer, de ceux qui font pousser les roses sur les friches. Les enfants qui auront eu la chance de vous croiser, auront une vue différente sur leur propre vie. Merci pour eux !

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  5. Dans le milieu universitaire je remarque de plus en plus souvent les moqueries de mes collègues sociologues quand à la poésie. Elle est rarement digne d’intérêt, ce n’est pas de la science Madame, ne parlons pas de ça ! D’autant plus triste que je pense qu’elle peut être une vraie lumière pour les sciences humaines.

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      1. Je vous avoue que je ne connais pas les 5 autres. Je pense que ce qui dérange tient en ce qu’elle donne accès à une intériorité en construction, à la réflexivité de la personne. Cela dissonne avec beaucoup d’approches, de grilles de lectures où l’on a tendance à parler en termes d' »individu », d' »agent ». Par contre, j’ai le sentiment et l’espoir que de nouveaux courants, intéressés par la « capacité d’agir », sauront un jour se saisir pleinement de ces œuvres (et peut-être est-ce déjà le cas et je serait passée à côté). Sinon, on y risque un terrible déni de réalité.

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  6. :)) J’imagine la scène… c’est trop drôle!! j’aime ce futile essentiel qu’est la poésie!
    C’est un entre deux qui fait faire un pas de côté … Un langage métaphorique entre le corps, le coeur, et l’âme, à notre insu, souvent…

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