La Parure de Maupassant: Chute de la nouvelle: mise en voix par les élèves.

Bon, la fin de La Parure avait bien été apprise par les élèves de 4ème. J’ai encore donné quelques conseils de mise en voix et de placement des corps et cela devrait aller pour l’évaluation de demain…(certains m’ont déposé des sacs contenant des perruques et de vieilles robes en prévision…J’ai peur!)

(Je précise que j’ai l’autorisation de les filmer et de les faire figurer sur ce blog…)

 

Or, un dimanche, comme elle était allée faire un tour aux Champs-Elysées pour se délasser des besognes de la semaine, elle aperçut tout à coup une femme qui promenait un enfant. C’était Mme Forestier, toujours jeune, toujours belle, toujours séduisante.

Mme Loisel se sentit émue. Allait-elle lui parler? Oui, certes. Et maintenant qu’elle avait payé, elle lui dirait tout. Pourquoi pas?

Elle s’approcha.

– Bonjour, Jeanne.

L’autre ne la reconnaissait point, s’étonnant d’être appelée ainsi familièrement par cette bourgeoise.

Elle balbutia:

– Mais… madame!… Je ne sais… Vous devez vous tromper.

– Non. Je suis Mathilde Loisel.

Son amie poussa un cri.

– Oh!… ma pauvre Mathilde, comme tu es changée!…

– Oui, j’ai eu des jours bien durs, depuis que je ne t’ai vue; et bien des misères… et cela à cause de toi!…

– De moi . . . Comment ça?

– Tu te rappelles bien cette rivière de diamants que tu m’as prêtée pour aller à la fête du Ministère.

– Oui. Eh bien?

– Eh bien, je l’ai perdue.

– Comment! puisque tu me l’as rapportée.

– Je t’en ai rapporté une autre toute pareille. Et voilà dix ans que nous la payons. Tu comprends que ça n’était pas aisé pour nous, qui n’avions rien… Enfin c’est fini, et je suis rudement contente.

Mme Forestier s’était arrêtée.

– Tu dis que tu as acheté une rivière de diamants pour remplacer la mienne?

– Oui. Tu ne t’en étais pas aperçue, hein! Elles étaient bien pareilles.

Et elle souriait d’une joie orgueilleuse et naïve.

Mme Forestier, fort émue, lui prit les deux mains.

– Oh! ma pauvre Mathilde! Mais la mienne était fausse. Elle valait au plus cinq cents francs!…

Nouvelle parue dans le Gaulois, le 17 février 1884.

6 réflexions au sujet de « La Parure de Maupassant: Chute de la nouvelle: mise en voix par les élèves. »

  1. Bien bien 🙂

    Une jolie simplicité à gauche, et un bel enthousiasme à droite – plus qu’à bosser un peu les corps histoire de trouver de nouveaux canaux d’expression – déjà présents hein, mais c’est plus fort sans les manip’ corporelles.

    Aimé par 1 personne

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