Ou vas-tu quand tu pars le matin?

23007

Où vas -tu quand tu pars le matin?

C’est la question que 4 de mes sixièmes n’ont jamais posée à leurs parents le matin, parents qui n’ont jamais parlé de leur travail à leurs enfants…J’ai d’abord cru que c’était un problème de vocabulaire. Alors j’ai voulu aider, accoucher, chercher les lieux , les gestes qui permettraient qu’on trouve ensemble…En vain. ils n’en avaient aucune idée…

C’est effrayant…Comment répare t-on le vide…

16 réflexions au sujet de « Ou vas-tu quand tu pars le matin? »

  1. ANTICHAMBRE

    Il existe un lieu où se démettre
    Entre un abandon et un peut-être
    Une salle d’attente où se poser
    Un désordre où se retrouver.

    Un quai de gare où s’attarder
    Avant d’être au prochain arrêt
    Parfois le train est annulé
    Le temps de savoir où aller.

    Une pièce entre deux pièces
    Où délaisser sa tristesse
    Mettre sa vie (entre parenthèses)
    Verrouiller son cœur et son malaise.

    C’est une porte condamnée
    La fatalité du passé
    Son poids empêche d’avancer
    De parvenir à qui l’on est

    Il existe un fossé qui sépare
    Qui nous éloigne, qui nous répare
    Un gouffre où jeter son désir
    L’amour se cache pour mourir

    C’est un désert au fond de nous
    Un vent de sable emporte tout
    Un néant où l’apesanteur
    Suspend le temps et la douleur.

    C’est une porte entrouverte
    Une issue ou notre perte
    La lumière au bout du tunnel
    Un paradis artificiel

    Il existe une île entre deux rives
    Un refuge sans âme qui vive
    Île déserte entre deux eaux
    Où se laisser couler incognito.

    C’est une zone de transit
    Parfois le lieu nous habite
    C’est un calme pour écouter
    Ce que l’intuition veut confier

    Il existe un vide pour remplacer
    Tout le vide que l’amour a laissé
    Une vie entre deux vies,
    Une antichambre, un abri,

    Et j’y suis.
    Christian Castillo – Extrait de: Antichambre

    Tu sais Barbara ce monde tendant à développer le vide, il y a de plus en plus de gens qui perde tout de la présence en mettant au monde, c’est terrifiant, mais pas une boutade.
    De peur de ce néant et surtout de besoin, d’en vie je t’embrasse.

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  2. A mon sens, vous ne le comblerez jamais et eux non plus. Et à jamais. Ils vivront avec en tendant un trompe l’œil au dessus ou ils vivront sans et reproduiront ce vide avec leurs enfants.

    Mais il y a aussi une autre option qui est loin d’être aussi effrayante. Si les parents en question sont présents, réellement présents, à chaque instant qu’ils partagent avec ces enfants, alors les enfants sont heureux. Heureux d’être, simplement, et peu leur importe probablement ce que peuvent faire leurs parents.

    Je préfère cette option. Elle m’aide à éviter de penser que vous avez sans doute raison. Et là est le sens de mon travail « artistique », un vide certain qu’il faut combler.

    Aimé par 1 personne

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